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 Le vrai visage et les vrais enjeux des OGM

12/7/2010

 

OGM 2006Le vrai visage et les vrais enjeux des OGM

Document publié le 27 octobre 2004

  Que signifie le terme OGM ?

OGM, littéralement veut dire organisme génétiquement modifié ; c’est un nouveau phénomène issu des grands progrès des connaissances sur les techniques d’amélioration des plantes et des animaux.

Cependant les OGM diffèrent fondamentalement de toutes les autres pratiques des biotechnologies par le fait que leur principe repose sur l’introduction de transformations majeures non naturelles et parfois contre nature dans le patrimoine génétique des plantes et des animaux. Ces transformations que la technique de fabrication des OGM introduit dans une plante ou un animal n’ont aucune chance de reproduire dans la nature. Ce qui pose un sérieux problème d’éthique. Par exemple, par ces techniques on a transféré un gène du poisson dans une variété de tomate, on a transféré un gène de méduse dans une variété de pomme de terre, on a transféré des gènes de plantes insecticides dans des plantes alimentaires comme le maïs et le coton.

On veut même transférer des gènes humains chez des porcs afin de pouvoir les abattre et greffer leurs organes chez des humains malades qui ont besoin de don d’organe.

On veut aussi fabriquer des plantes qui produiront des médicaments et des vaccins malgré le fait que les techniques ne sont pas encore au point à ces niveaux.

  Pourquoi y a t-il autant de polémiques et de controverses et de débat autour des OGM ?

Il y a trois raisons fondamentales à cela.

- Premièrement, ce sont des grandes firmes privées multinationales dont les capitaux sont détenus par les puissances occidentales surtout américains et un peu européen qui ont financé les recherches qui ont abouti aux variétés d’OGM qui existent actuellement et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité ils ont mis des brevets sur ces plantes, ce qui signifie que le paysan ou le fermier n’a plus le droit de reproduire les semences des OGM et de les ressemer. Il est désormais obligé de passer par ces multinationales de leur payer des droits à chaque saison agricole pour pouvoir semer.

Les multinationales se sont donc appropriées le vivant et les paysans perdent à jamais le droit de ressemer les grains qu’ils récoltent dans leurs champs ; or depuis des temps immémoriaux ce sont ces paysans qui ont toujours mis en culture ces variétés de génération en génération jusqu’à aujourd’hui. S’il doit exister un ou des propriétaires exclusifs pour des plantes ou des animaux, logiquement, cela ne doit être que les communautés paysannes.

Tout fermier qui produit des variétés d’OGM qui les remet en culture sans passer par les multinationales peut se voir attaquer en justice par celles-ci ; mais le plus grave c’est que même un fermier qui résiste et refuse les OGM dans ses champs mais dont les champs seront contaminés par le vent peut se voir attaquer par les multinationales comme Mosanto l’a fait déjà à plusieurs reprises. Le cas le plus célèbre est celui de l’agriculteur canadien Percy Schimeiser qui a refusé de planter le colza OGM de Mosanto et dont les champs ont été contaminés par des fermiers voisins qui faisaient du colza OGM ; les policiers de Mosanto sont venus voler une partie de sa récolte et l’analyser puis on l’a accusé d’avoir planté frauduleusement du colza OGM. Cette affaire est passée en justice et comme ce sont les plus puissants qui peuvent payer les meilleurs avocats qui gagnent les procès, le fermier canadien a perdu et cette histoire lui a coûté l’équivalent de 180 000 000 de francs CFA.

Pour empêcher définitivement les paysans de ressemer une partie de leur récolte, ces sociétés sont allées jusqu’à créer des gènes de la mort appelé « gènes Terminator » qui une fois introduit dans la semence, celle-ci ne peut germer qu’une seule fois.

- La deuxième raison de l’opposition aux OGM est que quand on fait des recherches surtout pour des expériences qui sont loin du naturel, il faut prendre le temps nécessaire de voir si les produits n’ont pas d’effets nocifs sur l’environnement et la santé humaine (comme le cas des médicaments que l’on teste souvent pendant 15 ans avant de les commercialiser).

Le problème est que c’est la logique du profit qui guide les multinationales et la volonté de rentabiliser leurs investissements ont fait qu’elles font passer au second plan les préoccupations de santé humaine et de préservation de l’environnement : les variétés OGM sitôt obtenues ont été commercialisées sans chercher à savoir si elles pouvaient être dangereuses.

Aujourd’hui, beaucoup de risques des OGM liés à la santé humaine et surtout à l’environnement sont en train d’être mis à jour.

Quand on crée des plantes insecticides ou des plantes qui digèrent des herbicides ou quand on mélange le poisson et la tomate ou la méduse et la pomme de terre le principe de précaution doit prévaloir à toute autre considération.

- La troisième raison de l’opposition aux OGM est que, les OGM qui sont produits aujourd’hui et qui sont dans le commerce ne sont dans leur quasi-totalité que des plantes insecticides ou des plantes qui digèrent des herbicides (...) comme le rondunp que produit Mosanto.

(...) Aussi, pourquoi un consommateur mangerait-il un tel maïs ou l’huile d’un tel coton génétiquement insecticide et pourquoi un paysan bien informé planterait-il des variétés pareilles au risque d’augmenter ses coûts de production pour rien ? Là est la question.

Les OGM n’offrent aucun intérêt dans l’état actuel ni pour les paysans ni pour les consommateurs.

(...)

  Les OGM peuvent-ils présenter des avantages pour l’humanité ; y a t-il une différence avec la biotechnologie ?

Tout processus de connaissance et d’avancée technique est utile, donc les connaissances de génie génétique qui ont abouti aux OGM pourraient servir l’humanité si on les extrait de la logique du profit et des griffes des multinationales or c’est loin d’être le cas aujourd’hui et c’est ce qui pose problème.

Certains chercheurs et politiciens corrompus par les multinationales et leurs satellites dans notre pays tentent de faire l’amalgame entre OGM et biotechnologie. Personne ne conteste l’utilité des recherches biotechnologiques qui ont fourni à l’humanité des médicaments très utiles comme l’insuline qui traite les diabétiques ; ce qui pose problème c’est l’utilisation de pratiques dangereuses comme le franchissement de la barrière des espèces : le mélange entre plantes et animaux et aussi et surtout l’appropriation du vivant par des brevets.

Ce sujet des brevets est soigneusement évité par ces chercheurs et ces politiciens.

Vous savez que les Américains font pression pour que le Mali produise du coton OGM ; ils ont même déjà de l’argent disponible pour la recherche à ce propos. Si le Mali accepte, il n’y aura pas d’avancée en terme de connaissance pour la recherche malienne car jamais les connaissances qui ont abouti aux OGM ne seront partagé par les multinationales car c’est leur fond de commerce. La recherche va simplement jouer un rôle de passeur en testant des variétés déjà brevetés par Mosanto et Sygenta pour prouver qu’ils peuvent réussir au Mali et après cela, pour chaque kilo de semence notre pays devra payer beaucoup d’argent à ces multinationales ce qui signifie que notre pauvreté va encore augmenter.

(...)

  Les OGM peuvent-ils représenter une solution à la faim et la malnutrition dans le monde ?

Vous savez, tout pays qui souhaite réellement sortir de la famine récurrente et de l’insécurité alimentaire opte pour le principe de la souveraineté alimentaire qui est le choix politique fort d’un pays pour produire suffisamment de nourriture et couvrir ses besoins de façon permanente. Ceci implique que les paysans sont sécurisés par rapport à l’accès à la terre, à l’eau, à l’équipement agricole, aux engrais et surtout à la commercialisation qui est le vrai moteur de toute augmentation de la production alimentaire et c’est pour cela que les pays développés subventionnent leur agriculture ; c’est pour que le paysan trouve son compte dans l’activité agricole. Il n’y pas de d’autres recettes miracles.

Tous les pays qui exportent des produits alimentaires ont fait de cette façon, il n’en sera pas autrement si l’Afrique veut se nourrir elle-même.

(...)

Les multinationales par le fait des OGM veulent faire disparaître les semences paysannes et entraîner les paysanneries du monde dans un nouveau cycle de dépendance. (...)

Vous savez que récemment, c’est à cause des subventions des américains que les paysans maliens qui produisent le coton souffrent énormément ; nous continuons à subir cette situation dramatique malgré le fait que l’OMC existe. C’est ce même pays (les USA) qui a usé de son influence pour faire capoter un accord lors de l’une des réunions de l’OMC à DOHA et qui devait permettre aux pays pauvres très touchés par le SIDA de fabriquer des génériques pour soigner les 38 millions de malades du SIDA en Afrique.

Quant un tel pays vient vous proposer sa marchandise comme solution à la faim vous devez vous en méfier comme de la peste.

Sans que nous l’ayons demandé, l’USAID veut même donner au gouvernement de notre pays un spécialiste en OGM toujours pour nous obliger à accepter de cultiver ces chimères.

Les USA n’offriront jamais du matériel agricole, des aménagements d’irrigation, des usines d’engrais pour le paysan du Mali, ni n’élimineront leurs subventions agricoles qui cassent le prix de notre coton ; ce sont là les besoins et les demandes des paysans de notre pays et non des semences brevetées qu’il faudra acheter chaque année aux sociétés américaines.

(...)

  Quel est la situation réelle des OGM au Mali ?

On ne peut pas affirmer jusqu’à preuve du contraire qu’il y a des OGM en culture au Mali, car il n’existe pas pour l’instant de loi qui en autorise l’introduction mais il y a des risques à travers toute aide alimentaire en provenance des USA. Tout le maïs grain qui vient des USA aujourd’hui doit être considéré comme OGM ou contaminé par les OGM et si on le met en culture on peut gravement polluer nos variétés locales.

Il est clair aussi que tout produit alimentaire transformé en provenance des pays qui cultivent les OGM peuvent être considérés comme contenant des OGM en raison toujours des risques de contamination.

Il est clair que les paysans maliens ne veulent pas des OGM ; or selon le document de ce projet, la CMDT continuera à fournir des semences de coton aux paysans mais c’est elle qui va couper directement sur le prix du kilo de coton les frais de semences. Peut-on faire cela à des paysans qui ont fait la grève de la production du coton pendant un an justement à cause des coupes sur le prix du Kilo de coton ? L’avenir nous le dira mais ce qui est sûr, c’est que les chercheurs et les politiciens impliqués dans l’introduction des OGM font prendre à la production de coton de notre pays qui est notre principal source de revenu national, un trop grand risque.

Aussi, ne faut-il pas négliger le fait que le coton est une plante alimentaire au Mali à travers l’huile pour la consommation humaine et le tourteaux pour le bétail ; beaucoup de gens au Mali ne consommeront plus jamais l’huile de coton du Mali si elle est issue d’un coton OGM insecticide. Ceci doit faire réfléchir les sociétés qui traitent les graines de coton dans notre pays.

  Quel est la motivation réelle de l’USAID sur cette question ?

Il y a principalement trois raisons à cela :

- La première raison est que la plupart des capitaux des sociétés multinationales sont des capitaux américains ; ce sont les USA qui ont le plus investi dans la recherche sur les OGM et l’opposition aux OGM dans le monde fait perdre aux sociétés américaines des milliards de dollars chaque année donc au départ c’est juste une question économique.
- La seconde raison est que les USA savent qu’en raison de leur avance dans le domaine des OGM et du brevetage des semences s’ils dominent les semences et le droit des paysans à ressemer dans le monde entier, ils disposeront d’une arme plus efficace que leurs bombes atomiques : la bombe alimentaire. Le pays qui n’ira pas dans le sens de leur politique sera certainement très vite affamé et obligé de se plier.
- La troisième raison est qu’à l’OMC les USA veulent forcer la main à l’Europe pour lever toutes les mesures qui bloquent l’avancée des OGM notamment les politiques de traçabilité et l’étiquetage des produits transformés contenant les OGM. S’ils parviennent à faire tomber un grand nombre de pays africains pauvres dans les OGM, ils pourront brandir cette information à l’OMC et obliger l’Europe à lever ces mesures restrictives ; l’USAID ne fait donc que défendre dans nos pays les intérêts économiques et politiques des USA.

Les multinationales pour pousser le Mali à aller vite dans les OGM sont allées jusqu’à créer une compétition factice pour la place de premier producteur de coton en Afrique entre le Mali et le Burkina, deux pays très dépendants du coton et tous deux victimes des subventions américaines que ce pays ne peut enlever.

Il y a une forte opposition des opinions publiques informées sur la dérive des OGM en Europe ; cela a eu pour conséquence un recul sérieux des profits des multinationales qui perdent à cause de cela des milliards de dollars. D’ailleurs, beaucoup ont commencé à licencier du personnel. C’est la raison pour laquelle, soutenu par le gouvernement américain, elles ont engagé une vaste campagne de communication et de corruption des esprits pour pouvoir vendre leur marchandise OGM.

  Quel rôle réel joue donc la recherche de notre pays dans ce jeu ?

Parler de recherche dans un pays pauvre est déjà un abus de langage car nos pays ne peuvent ni s’équiper normalement ni former réellement des chercheurs compétents et avisés ; ce qui fait que tout ce qui se passe dans notre pays en matière de recherche c’est simplement des recherches pour voir si les résultats obtenus ailleurs sont adaptés à nos conditions écologiques. C’est le même jeu qu’ils veulent faire avec les OGM. (...)

Ils vont simplement prendre des semences brevetées par les multinationales Mosanto et Syngenta et les tester dans les conditions de l’agriculture malienne ; après ils diront que c’est bon et c’est là que commenceront tous les problèmes de contamination et de risque pour notre santé.

Le vrai risque au Mali est que l’USAID et les multinationales comme Mosanto et Sygenta ont proposé plus de 4 millions de dollars à nos chercheurs de l’IER pour qu’ils introduisent du coton OGM appelé coton BT.

Pour justifier leurs actions, ils disent que c’est pour satisfaire leur curiosité de chercheur et augmenter leur connaissance mais en réalité, ils savent pertinemment qu’ils ne pourront pas fabriquer eux-mêmes des OGM qui seront la propriété du Mali avant 20 ans au moins.

  Quels sont les risques que les OGM peuvent présenter pour le MALI ?

- Le premier risque est un risque grave de dépendance économique qui cette fois-ci sera perpétuelle car nos variétés locales que nous ne pouvons conserver qu’en les remettant en culture année après année auront disparu. Il se trouve que toutes ces variétés sont déjà conservées dans des banques de semences pour plusieurs siècles par ces mêmes pays développés ; ils pourront les ressortir à tout moment après la catastrophe OGM et nous demander de payer le prix fort pour les avoir. Nous sommes déjà trop dépendants des pays riches et ce sera suicidaire de créer une nouvelle forme de dépendance qui touche à la liberté de ressemer nos semences.
- Le second risque est le risque environnemental : si on introduit des plantes insecticides ou des plantes qui digèrent des herbicides ; ces plantes vont contaminer les espèces cultivées et sauvages et ces changements seront irréversibles. Nous risquons de nous retrouver avec ces caractères sur toutes les plantes qui sont dans la nature ; ce cas est déjà arrivé au Mexique où toutes les variétés de maïs ont été contaminées par le maïs OGM des USA.
- Le troisième risque est le risque que les OGM font peser sur la santé humaine. Cette technologie est sur le marché depuis moins de dix ans et déjà les sociétés multinationales ont été obligées de retirer beaucoup d’OGM de la vente à cause des troubles de santé qu’ils ont provoqué chez les hommes et les animaux comme ce fut le cas du maïs Starlink qui provoquait des troubles gastriques et de certaines variétés de pomme de terre OGM qui ont provoqués des irritations diverses chez les consommateurs.

  Quels rôles doivent jouer les pouvoirs publics dans ce problème ?

Récemment, l’USAID et les multinationales nationales ont organisé à Ouagadougou une rencontre avec les ministres et des chefs d’Etats sur le thème du transfert de technologies ; cette réunion se situe en droite ligne de la politique de pression des Américains sur les pays pauvres pour les obliger à acheter des semences OGM à leurs sociétés multinationales.

Certains chefs d’états et ministres qui ont participé à cette rencontre n’ont pas attendu de consulter leur peuple et se sont immédiatement prononcé pour l’introduction des OGM dans leur pays.

Ceux qui se battent aujourd’hui pour faire plaisir au gouvernement américain, à l’USAID ou à leurs amis qui travaillent à Sygenta ou dans d’autres multinationales doivent comprendre que l’histoire et la mémoire populaire retiendront qu’ils ont introduit les OGM et donc c’est leur responsabilité personnelle et civile qu’ils engagent si demain les OGM créent des dommages à l’environnement et à la santé des maliens.

L’introduction et le refus des OGM est une question qui concerne les paysans des campagnes et les consommateurs des villes ; c’est pourquoi, il faut une information de fond sur la question et même un référendum national pour que chaque fils du pays se prononce là-dessus.

Deux mois après le déclenchement d’une campagne vigoureuse de communication sur la problématique des OGM au Mali et dix jours après une importante conférence de presse réalisée par la CNOP (coordination nationale des organisations paysannes du Mali), le gouvernement du Mali décidait à travers un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres du mercredi 06 Octobre 2004 de surseoir à l’introduction des organismes vivants modifiés dans le système national de production agricole en attendant la mise en place effective du cadre national de biosécurité.

La CNOP salue la décision responsable du gouvernement malien de surseoir à toute introduction d’OGM dans la précipitation et de mettre un cadre de biosécurité fiable en place.

La CNOP affirme qu’elle est consciente des pressions et des menaces des pays qui vendent les OGM sur un Etat africain pauvre et désarmé et qu’elle soutiendra vigoureusement le gouvernement du MALI tant que celui-ci posera des actes responsables et de haute portée qui préservent les intérêts des masses laborieuses que sont les paysans.

(...)

Par Ibrahima Coulibaly,

18 juillet 2005, Michel

Voici une prise de position claire, lucide et remarquablement justifiée. Puissiez-vous être entendu par les cultivateurs de tous pays du nord comme du sud. Puissent les gouvernants se réveiller et défendre l’indépendance de leur pays, de leur région. C’est un combat mondial qu’il faut mener pour garder le droit à la culture des variétés locales, le droit des cultivateurs de gérer leurs terres et leurs semences, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Voir sur le site les ogm

 

Source : http://penserpouragir.org  

 

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