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 Biodiversité

10/7/2010

 

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La diversité du vivant, sans cesse réévaluée, compte 1.75 million d’espèces répertoriées et entre 3,6 et 15 millions d’espèces encore à découvrir. 12% des 10.000 espèces d’oiseaux sont menacées ou en danger d’extinction immédiate, ainsi que 23% des 4.776 espèces de mammifères, 46% des poissons, un tiers des amphibiens et 70% des plantes évaluées, constate l’Union mondiale pour la nature (UICN) dans son dernier rapport. Chez les mammifères, les 240 primates autres que l’espèce humaine sont en danger et près de la moitié en voie d’extinction. L’Homme est responsable de 99% des menaces qui pèsent sur les espèces. L’UICN estime à 24 le nombre d’espèces menacées en 1975, à 1.000 en 1985 et à 16.306 en 2007, année au cours de laquelle 785 d’entre elles se sont éteintes. La richesse de la biodiversité accroît les chances de la vie sur terre de s’adapter aux changements. Son étude ouvre de nombreuses questions actuellement sans réponse: quels sont les seuils de perte au-delà desquels l'équilibre des écosystèmes est menacé ? Quelle est la résistance des écosystèmes aux interférences humaines? Quelle sera la réaction de la biodiversité face aux changements climatiques ?

La Convention sur la diversité biologique (Rio de Janeiro 1992) définit la biodiversité comme «la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes».

Tous dépendants

Dans chaque écosystème, les êtres vivants, dont les humains, interagissent les uns avec les autres, et aussi avec l'air, l'eau et la terre. Le réchauffement climatique – qui entraîne un déplacement des espèces, tant d’un point de vue spatial que temporel, dans le cas des floraisons annuelles par exemple – et la disparition de certaines espèces, fait que 60% des interactions entre les espèces ont été coupées (estimations UICN 2006). Plus un groupe fonctionnel compte d’espèces, moins il est fragile. Une modification de l’un de ses composants peut se répercuter sur l’ensemble du système. Inversement, la protection d’une espèce ne peut réussir sans que soit garanti en même temps le fonctionnement de l’ensemble de son écosystème.

La fragmentation de l’habitat, par des voies de circulation par exemple, le prélèvement intensif dans le milieu, la pollution et le réchauffement climatique se conjuguent pour donner le taux très élevé d’extinction enregistré actuellement, estimé à 1000 - 10 000 fois supérieur à celui des 60 derniers millions d’années. L’empreinte humaine affecte 83% de la surface terrestre. Faune, flore et micro-organismes résistent de moins en moins à cette pression.

Un capital naturel immense

Les écosystèmes, d’un point de vue utilitariste, fournissent quantité de biens et services à l’Homme, pour son alimentation (l’agriculture et la pêche dépendent de la richesse des écosystèmes), pour ses équipements (bois, caoutchouc, laine, osier, combustibles, etc…) et pour sa santé: plus de la moitié des substances pharmaceutiques est issue de végétaux (alors que seules 5.000 des 250.000 espèces de plantes à fleurs ont été étudiées pour leurs vertus thérapeutiques) ou de champignons (par exemple la pénicilline et d’autres antibiotiques). La pollinisation, la dispersion des semences, le contrôle des populations d’insectes, le recyclage des nutriments sont le résultat des interactions entre les organismes vivants. La disparition des espèces, c’est à dire de la diversité du vivant, remet en cause ces services rendus par la nature. En brûlant la forêt amazonienne, l’Homme brûle l’une des plus grandes réserves terrestres d’informations génétiques, qui pourrait servir pour de multiples applications, notamment alimentaires et médicales.

La valeur intrinsèque de nombreuses espèces, connues ou encore inconnues, rend indispensable la mise en place d’une stratégie à grande échelle pour lutter contre leur extinction. Les apports de la diversité biologique ont été estimés annuellement entre 2.900 et 38.000 milliards de dollars. Dans les pays les plus pauvres, le capital naturel représente en moyenne 25% de la richesse d’un individu. Dans les sociétés riches et urbanisées, moins de 1%.

Les oiseaux

Sur les 9.775 espèces d’oiseaux recensées, 70% sont menacées, dont 1.212 à court terme. La destruction de leur habitat est souvent en cause, comme à Singapour où 61 espèces se sont éteintes avec la destruction de la forêt tropicale. Ou comme en Angleterre: ces trente dernières années, le pouillot fitis, la grive musicienne ou le gobe-mouche gris ont perdu de 50% à 80% de leurs effectifs, vraisemblablement à cause de la destruction des haies et des fourrés, et des pesticides. En Inde et en Asie du Sud, trois vautours, à long bec, à bec fin et oriental à dos blanc, ont été inscrits en 2004 sur la liste des espèces menacées de l’UICN, leur population ayant chuté de 97% depuis les années 1990 à cause d’un médicament anti-inflammatoire administré aux vaches dont ils se nourrissent.

Les mammifères

L’aire de répartition historique de 173 espèces emblématiques de mammifères, sur six continents, a diminué de 50%, éléments à mettre en regard de la coupe d’un tiers des forêts du monde depuis les premières civilisations agricoles. Tous les primates sont menacés et la moitié des espèces est en voie de disparition, à cause de la destruction de leur habitat et du braconnage. La population des bonobos a décliné de 97%, passant d’environ 100.000 individus dans les années 1980 à 3.000 aujourd’hui.

Les poissons et les coraux

37% des espèces de poissons d’eau douce des lacs et rivières d’Amérique du Nord sont soit éteintes, soit en voie d’extinction, dix ayant disparu entre 1995 et aujourd’hui. En Europe, près de 80% des 193 espèces de poissons d’eau douce recensées sont menacées. Avec le réchauffement climatique, les coraux pourraient disparaître d’ici 2100 et avec eux l’écosystème qui leur est rattaché. En effet, en plus des effets indésirables du réchauffement climatique, la pollution, les ouragans ou encore la surexploitation des réserves halieutiques menacent sérieusement les écosystèmes coralliens. Le blanchissement des récifs reste l’indicateur le plus marquant de cette dégradation.

34 hauts lieux de la biodiversité

Les scientifiques ont dressé la liste de 34 hot spots de la biodiversité. Ce concept de hauts lieux a été développé par l’ONG Conservation international (CI). Ce sont des régions particulièrement riches d’un point de vue biologique, qui abritent plus de 1.500 espèces de plantes vasculaires endémiques et ont perdu au moins 70% de leur habitat originel. Sur seulement 2,3% de la planète, ces territoires accueillent 50% des plantes vasculaires et 42% des vertébrés terrestres. Près de 38% de la surface des hot spots correspondent à des zones protégées (parcs et réserves) et 68% sont dans des zones sans protection. Parmi les hot spots répertoriés, se trouvent le bassin méditerranéen, le Cerrado en Amérique du Sud qui abriterait au moins 10.000 espèces de végétaux, dont 4.000 endémiques, Madagascar, l’Asie du sud-est, les montagnes d’Asie centrale, la Nouvelle-Zélande, les îles de l’océan Indien.

Convention sur la biodiversité

La Convention sur la diversité biologique (Rio, 1992), adoptée par les gouvernements de 187 pays, fixe trois objectifs: la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments constitutifs, le partage juste et équitable des avantages qui découlent de l'utilisation des ressources génétiques à des fins commerciales et autres. A l’horizon 2010, une réduction significative du taux de perte de biodiversité devra être obtenue, contribuant ainsi à «l’atténuation de la pauvreté et pour le bénéfice de toute la vie sur terre». À Göteborg en 2001, les Etats de l’Union européenne ont fait connaître leur stratégie pour «refréner, par des actions prioritaires, la diminution de la biodiversité d'ici 2010».

À la fin de l’année 2008, une nouvelle structure mondiale d’expertise scientifique sur la biodiversité devrait voir le jour, sur le modèle du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat. Son objectif sera de «fournir une expertise indépendante et crédible», de renforcer l’activité scientifique, de mobiliser l’opinion publique internationale et d’orienter les politiques mondiales et régionales.

Une sixième grande extinction ?

La Terre aurait connu cinq grandes vagues d’extinction des origines de la vie à nos jours. La dernière s’est produite il y a 65 millions d’années et aurait entraîné la disparition des dinosaures et d’un cinquième d’autres espèces. Selon Lester R. Brown (2007), «nous vivons de nos jours les premières étapes de la sixième grande vague d’extinctions. À la différence de celles qui l’ont précédée qui s’expliquaient par des phénomènes naturels, celle-ci est d’origine humaine. Pour la première fois, […] une espèce a évolué jusqu’au point où elle est en capacité d’éradiquer l’essentiel des autres formes de vie.[…] Le nombre d’espèces avec lesquelles nous partageons la planète décroît au rythme de l’augmentation de la population humaine.»

Source : http://www.goodplanet.info

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