Banque microbienne: une banque pas comme les autres » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Banque microbienne: une banque pas comme les autres

10/7/2010

 

cryo - boitesBanque microbienne: une banque pas comme les autres

par Abdelhak Darbouche

L'humanité a pu, à travers les âges, connaitre et apprécier à leur juste valeur, les aléas que lui a toujours réservés la vie sur terre, expérience millénaire oblige!

Ainsi donc, les hommes, qui ont eu à souffrir et même à disparaître par clans entiers, suite à des épidémies, à des périodes de disette et à d'autres situations ardues, ont du apprendre à prévoir, à calculer, à entrevoir
…. C'est ainsi qu'en prévision des années de famine pendant lesquelles les champs brandissent cruellement leur stérilité, une réserve stratégique des céréales est née. Dans la continuité, d'autres ressources identifiées par les nations et les peuples comme étant potentiellement stratégiques, ont fait l'objet d'un «stockage», tel que les hydrocarbures, les médicaments, l'eau…. Il y'a donc pour chaque matière vitale une réserve stratégique dont le rôle est, simplement parlant, d'assurer la pérennité de cette matière et de pouvoir la mettre à la disposition de la société, dans les moments ou celle ci en manquer.

Il y'a une autre ressource, non moins importante que celles citées plus haut, considérée à juste titre par les pays développés comme exceptionnellement fondamentale, et dont je voudrai faire part à mes concitoyens, dans ce présent modeste article. Il s'agit en fait d'une ressource très particulière, de par son entité même, ainsi que de par le fait qu'elle soit inhérente à un patrimoine potentiellement menacé: c'est le patrimoine microbien !.

La préservation de ce patrimoine biologique dans toute sa biodiversité doit constituer pour l'Algérie un objectif prioritaire eu égard à la menace de sa disparition d'une part et d'autre part à cause de cet inextricable phénomène de globalisation qui frappe aux portes de tous les étendards des nations, mettant à genoux tous les peuples démunis du monde. Pour en revenir aux réserves stratégiques et leur finalités, il faut savoir que pour constituer un «Stock» d'une «Matière» donnée, il faut qu'il y'ait d'abord pour cette matière une «Banque» spéciale: C'est le silo pour le blé, les barrages pour l'eau
…

Dans ce même état d'esprit, pour être instituée, une réserve stratégique de microorganismes (bactéries, levure, champignons microscopiques, etc.) doit
obéir à un schéma structurel et organisationnel des plus spécifiques, car on ne stocke pas de la matière vivante comme on stocke des barils de pétrole, des liasses de billets de banque ou autres…. Et la gestion de ce type de banque requiert inévitablement un savoir faire scientifique.

En effet, c'est d'une véritable besogne de fourmis dont il s'agit car pour garantir la pérennité des souches, la multiplication des lieux de stockage s'impose: du «Contrefort» intouchable à la banque de travail en passant par la banque de secours et la banque ressource!

Ainsi donc, c'est à partir d'un statut de simple collection à celui de centre de ressources que des équipes de recherche chevronnées, auraient à adopter des procédures complexes de conditionnement, de stockage et de traçabilité.

L'ALGERIE qui a les atouts pour entreprendre et ressaisir une telle besogne doit pouvoir actionner les leviers nécessaires afin de constituer, d'ores et déjà, une collection nationale placée sous l'égide d'un bureau des ressources génétiques. C'est ainsi qu'en plus de l'objectif de conservation de la ressource, s'articule un autre objectif sous jacent; c'est le soutien à la recherche fondamentale surtout dans le domaine des biotechnologies. Ces banques en question auraient à recevoir toute demande de dépôt de certificat d'auteur d'invention concernant une souche de microorganismes. Elles mettraient en dépôt les microorganismes cités ci-dessus qui fourniraient des échantillons en vue de leur exploitation scientifique ou industrielle. En effet elles constitueraient une voie obligatoire de souscription pour les laboratoires Algériens qui seraient obligés d'y déclarer les souches utilisées dans le cadre de leurs activités de coopération internationale. De cette manière les souches identifiées et déclarées par les banques précitées réduiraient les incohérences dues à l'utilisation frauduleuse des souches autochtones par les industriels et autres structures étrangères. De cette manière les brevets et les droits d'auteur Algériens seraient juridiquement préservés avec des retombées économiques très fructueuses pour le pays. Enfin les jeunes diplômés seront encouragés à verser dans ce créneau de recherche tout en créant une multitude de petites entreprises de biotechnologie.

Maitre de conférences Institut de Microbiologie Centre Universitaire de Khenchela

 

Source : http://www.lequotidien-oran.com

 

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