QUESTIONS CLIMATIQUES - Des débats loin d’être sereins » maladies des plantes , agriculture et écologie

 QUESTIONS CLIMATIQUES - Des débats loin d’être sereins

8/6/2010

 

QUESTIONS CLIMATIQUES - Des débats loin d’être sereins

Pour Stéphane Pouffary, le débat international sur les questions climatiques n’est pas qu’une simple question environnementale. Le sujet déteint sur d’autres secteurs et engage la réflexion sur le mode de gouvernance, la pauvreté, l’équité dans l’accès aux ressources et au marché mondial, ainsi que sur l’utilisation des énergies. «Qui est qui et qui fait quoi ?»
Irane Belkhedim - Alger (Le Soir) - Ce sont, en substance, les idées-force de Stéphane Pouffary. Invité par l'Institut national d'études de stratégie globale, cet expert international des questions climatiques a animé, lundi dernier, une conférence à l’hôtel Hilton, à Alger. Une rencontre intéressante car l’intervenant proposait une lecture nouvelle, des analyses moins académiques et une approche loin du politiquement correct. «La prise de conscience internationale sur les questions liées au climat et à l’environnement n’est pas un geste altruiste, loin de là. Ce n’est que la conséquence de drames majeurs qui ont secoué le monde», a-t-il soutenu, citant l’exemple de Tchernobyl. L’intervenant, pour qui les mots ont «un poids important», a affirmé que toutes les négociations internationales sur les questions climatiques soulèvent de véritables problématiques et enjeux, plus importants et complexes. Les inégalités sociales, l’immigration, le développement économique et l’accès au marché mondial, le mode de gouvernance, la responsabilité des pays industrialisés et les efforts de pays émergents, le copartage des richesses et la consommation des énergies sont autant de thèmes et de secteurs concernés. Il ne s’agit pas de discutailler autour d’une table du bien-être de mère nature et de l’avenir de la planète, mais plutôt de «négociations subtiles» entre pays forts et pays sous-développés. «Les réponses sont souvent apportées selon le bord que l’on épouse, le pays où l’on se trouve.» Terrible réalité qu’il dénonce fortement. Ainsi, un discours consensuel n’est pas chose aisée puisque les intérêts et les moyens ne sont pas identiques. Et d’étayer ses dires en soulignant que 20 % de la population mondiale profite de 80 % des richesses naturelles ! «L’on ne négocie pas sur le même sujet et pas avec les mêmes moyens.» Sans vouloir verser dans un optimisme béat, Stéphane Pouffary pense que les rencontres internationales sur le climat sont une nouvelle «opportunité pour remettre à plat tout ce qui s’est passé durant ces cinquante dernières années». C'est-à-dire remettre en cause un monde bicéphale, parler du rôle des pays dominants et des politiques qui ont échoué «à installer un mode de gouvernance qui fait que l’on soit bien là où l’on est». Débattre du climat, selon Stéphane Pouffary, c’est remettre en cause la composition de la société, son rapport à l’énergie, l’utilisation de l’eau, le choix de l’agriculture, le développement de l’urbanisation, son mode de vie… Autant de secteurs impliqués. «Imposer une démarche sectorielle, c’est se retrouver à contresens. Une politique sectorielle peut répondre aux enjeux», a-t-il estimé. Dans ce «climat» peu serein, le futur sera difficile avec des tensions sociales internationales fortes, a-t-il prédit. Beaucoup de pays devraient faire face aux pénuries d’eau, ce qu’il a appelé «le stress hydrique». «Ces pénuries vont encourager la migration des populations du Sud vers le Nord, ce qui risquerait de créer des tensions sociales très fortes. Le transfert équitable de technologies innovantes devient nécessaire.» Evoquant longuement les sommet de Copenhague et de Kyoto, l’expert a exprimé son insatisfaction, à l’instar de ses collègues experts. Il a également déploré la non-validation de l'accord du Sommet dans le cadre de la convention-cadre des Nations unies. «L’accord était en-deçà de nos aspirations. Nous avons espéré voir le sommet de Copenhague aboutir à un accord après Kyoto avec des objectifs réels, concrets et mesurés», a-t-il indiqué, expliquant que tout le monde devrait tenter d’apporter sa contribution à la diminution de l'émission des gaz à effet de serre, y compris les pays non industrialisés.
I. B.

Source : http://lesoirdalgerie.com

 

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