Phoeniciculture à Ourlal : Le problème du foncier freine l’investissement » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Phoeniciculture à Ourlal : Le problème du foncier freine l’investissement

20/5/2010

 

Phoeniciculture à Ourlal : Le problème du foncier freine l’investissement

Beaucoup ont manifesté leur intérêt pour cette région qui aspire à devenir un pôle agroalimentaire.

Perle d’un chapelet de villages et de douars ancestraux disséminés dans les immenses palmeraies des Ziban, accessible par la RN46B, la commune d’Ourlal est la bourgade typique où la vie des gens a, de tout temps, essentiellement tourné autour de la culture du palmier dattier. Elle compte 7300 habitants dont 90% sont des fellahs de père en fils, se transmettant depuis des générations un inestimable savoir-faire en matière de phoeniciculture. Cette commune, d’une superficie de 187,25 km2, située à quelques encablures de Tolga et à une quarantaine de kilomètres au sud de Biskra, aspire à devenir un pôle de l’industrie agroalimentaire.

Pourtant, elle n’a pas bénéficié, à l’instar de Tolga, Bouchagroune, Foughala, Bordj Benazzouz, Doucen, Lichana, Laghrous, Lioua, Ouled Djellal et Sidi Khaled (soit dix communes de la wilaya de Biskra), d’une indication géographique labellisée IGL, validée dernièrement par le ministère de l’Agriculture pour sa production de dattes.Il faut dire que celle-ci est composée uniquement de Ghers et de mech degla, et d’autres variétés plus ou moins connues.

Avec huit unités de transformation et de conditionnement des dattes, employant actuellement plus de 300 personnes à temps plein et des dizaines de saisonniers, arrivant parfois de lointaines wilayas du Nord pour la cueillette de ce fruit, elle affiche, par le biais de Mohamed Khelifa, président de l’APC, sa ferme volonté de « damer le pion à Tolga qui attire tous les projets de par sa notoriété », dira-il. Recevant chaque jour des investisseurs venus de tout le pays, qui recherchent des terres afin d’y développer des exploitations agricoles modernes avec des serres chapelles et des systèmes d’irrigation sophistiqués, ce responsable municipal, pour qui Ourlel est « une perle en mal d’affinage », estime que la création d’une zone d’activité est une nécessité pour ce chef-lieu de daïra regroupant les communes de M’Lili, Mekhadma, Lioua et Oumache.

« Nous pouvons multiplier par dix notre production agricole, doubler les unités de conditionnement des dattes et devenir un centre de production de produits dérivés de la datte, d’olives et d’huile », affirme-t-il. Conscient des limites de ses prérogatives d’édile, mais ayant à cœur d’offrir aux habitants et aux investisseurs locaux ou extérieurs les meilleures conditions de vie et de travail possibles, il prône l’ouverture de pistes dans les périmètres de Dezira et Selg, faisant plus de 20 000 ha dont seulement 10 % sont plantés de palmiers.

Des terres accaparées par d’ indus occupants

La densification du réseau de distribution du courant électrique dit agricole, des campagnes d’information pour orienter les investisseurs qui pâtissent souvent du flou juridique entourant le statut des terres, la baisse des charges fiscales, atteignant 19% pour les producteurs agricoles, faciliteraient l’accès des investisseurs et des agriculteurs aux assiettes foncières et aux terres agricoles pour la concrétisation de leurs projets. à propos des terres, le P/APC d’Ourlal dénonce les agissements de tribus nomades qui « occupent des terres illégalement, les louent ou les vendent à des tierces personnes sans que les services municipaux ne puissent réagir ».

Selon lui, des milliers d’hectares sont accaparés par ces indus occupants, compromettant ainsi les efforts entrepris pour attirer les investisseurs à la recherche de terres juridiquement « nettes ». Quelques secteurs donnent matière à satisfaction au maire de cette commune, comme celui de l’éducation avec une couverture totale des besoins de la commune en établissements scolaires, les travaux publics avec la réfection des routes et la planification, pour 2010, d’un pont sur Oued Jdai, dont le coût avoisine les 100 MDA (millions), et l’hydraulique, avec l’initiative d’un vaste projet de forage de nouveaux puits, de drainage et de récupération des eaux usées devant permettre la valorisation de centaines d’hectares de terres agricoles d’ici quelques mois.

Il dira au sujet du développement global : « Le réseau d’AEP et d’assainissement couvre 90% des foyers tandis que le taux de raccordement à l’électricité domestique est de 85 % et celui au gaz de ville sera de 80 % à fin 2010, soit des taux exceptionnels qui démontrent que les conditions de vie des citoyens se sont nettement améliorées. » Néanmoins, le satisfecit n’est pas le même concernant le secteur de la santé, sachant que cette daïra compte plus de 60 000 habitants qui « ne disposent pas d’un hôpital digne de ce nom », signale-t-il, et celui de l’agriculture, « où de grandes choses ont été réalisées, mais qui demeure traditionnelle et désuète, minée par des difficultés tout autant juridiques que techniques et culturelles », a-t-il conclu.

 

Par Moussaoui Hafedh

Source : http://www.elwatan.com

Category : AGRICULTURE EN ALGERIE (SUD) | Write a comment | Print

Comments

| Contact author |