Le Pouvoir algérien ou la broyeuse de la société et de l’Etat. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Le Pouvoir algérien ou la broyeuse de la société et de l’Etat.

3/5/2010

 

Le Pouvoir algérien ou la broyeuse de la société et de l’Etat.

le 02 mai 2010

Interview  d’Ahmed ROUADJIA réalisée par Fodil Boumala
Res Publica II

Historien des idées et sociologue des mouvements sociaux et des institutions, Dr Ahmed Rouadjia intervient depuis plus de trois décennies sur des terrains différents : Histoire, politique, religiosité, émigration et sur l’université et la production de la connaissance. Outre sa carrière universitaire en Algérie comme en France, A. Rouadjia se démarque de la majorités des intellectuels et universitaires algériens par son engagement et son implication physique et morale dans des luttes ultra sensibles qui bouleversent aussi bien un « pouvoir statique » que nos consciences collectives. Auteur d’une dizaine d’ouvrages et d’une centaines de publications et articles, notre interlocuteur fait beaucoup parler de lui car il n’est pas du genre à abdiquer ou à se taire devant le mensonge, l’inculture, l’incompétence et la corruption.Par devoir de solidarité avec lui contre la machine infernale du pouvoir (Université, Justice), Res Publica II lui manifeste son soutien et lui ouvre ses espaces. Elle invite ses amis et membres ainsi que tous les réseaux sociaux à s’unir pour dire non à cette impitoyable broyeuse qui, à l’instar de la colonisation, fait dans la politique de la terre brulée.

Res Publica II : Comment expliquez-vous ce double harcèlement administratif et judiciaire contre vous par « l’enseignement supérieur » et la « justice »?

A.ROUADJIA.- J’explique ce double harcèlement par une répulsion profonde de tous les détenteurs du pouvoir en Algérie (grands et petits) envers la contestation. Cette répulsion procède d’une culture et de réflexes façonnés par l’histoire et nourris d’une culture patriarcale profondément enracinée dans le subconscient collectif. L’ordre traditionnel, patriarcal, suppose l’obéissance absolue des cadets envers les aînés, les femmes envers les hommes, les « inférieurs » (dans tous les sens du mot) aux « supérieurs ».
Dans cet ordre traditionnel dominé par les préséances, la mise en cause des hiérarchies ( d’âge, de statut, et de sexe…) est un acte attentatoire, un vrai sacrilège contre l’autorité coutumière, ses symboles et ses codes que traduisent fidèlement les notions du respect dus aux dominants par les « dominés » ou les administrés.
Or, le pouvoir politique algérien, et ses prolongements naturels que sont les pouvoirs locaux représentés par les « petits chefs » (patrons d’entreprises publiques, maires, préfets, sous-préfets, jusqu’au récepteur des impôts, etc.) se ressent de cette culture patriarcale qui n’admet ni contestation, ni mise en cause, ni contradictions ni contradicteurs. Autrement dit, l’ordre patriarcal est l’antithèse de la liberté tout court, et celle de l’expression « démocratique » et du libre arbitre en particulier. Dans cet ordre patriarcal, bien qu’il puisse se draper des oripeaux « modernes » et revêtir la forme « démocratique », l’esprit critique et la libre pensée n’ont pas de place, et ne sont pas en odeur de sainteté aux yeux de tous les détenteurs des pouvoirs, depuis les compartiments supérieurs de l’Etat, jusqu’aux échelons inférieurs de l’administration.
Le double harcèlement dont je suis l’objet illustre parfaitement cet état d’esprit patriarcal, qui ne s’accommode point avec la liberté de l’esprit, ni avec le sens critique et l’âme du discernement. Pour avoir écrit des articles dénonçant les dérives autoritaires du recteur de l’université de Msila, ses écarts de langage, ses conduites contraires aux codes des bienséances, ses comportements peu conformes à la civilité et au civisme, je suis d’abord suspendu durant plus de quatorze mois de mon poste, privé de mon salaire, puis assigné en justice au motif fallacieux de « diffamation ». Pourtant, il n’est pas une phrase, membre de phrase ou un seul mot dans les articles incriminés qui comporte la moindre diffamation. En s’érigeant tout à la fois en juge et partie, M. le recteur n’a pas seulement violer les lois de la République et les dispositions contenues dans la Constitution relative à la liberté d’expression et d’opinion, mais il a réussi, je ne sais par quel tour de passe-passe, à faire valoir auprès des juges locaux son chef d’accusation contre ma personne. Non seulement les deux juges, celui du Tribunal et de la Cour de Msila, n’ont pas pris la peine de faire traduire les passages incriminés de mes articles, comme le stipule l’article 8 du code de procédure civile et administratif, mais ils sont passés outre en prenant textuellement pour argent comptant les arguments du recteur développés dans sa requête ! Se fondant entièrement sur cette dernière, le juge du Tribunal me condamne donc à deux mois de prison et à 25 000 DA d’amende, condamnation que le juge de la Cour a confirmée, en dépit de nombreux vices de fond et de forme que nous avons pu relever, mon avocat, Maître Mohamed ATTOUI et moi-même. Vices de fond et de forme qui seront, le moment venu, porter à la connaissance des Juges supérieurs siégeant à la Cour suprême d’Alger, lesquels ne manqueraient pas, j’ose l’espérer, réparer cette injustice flagrante, et donc contraire à l’esprit des lois sur lequel se fonde notre Constitution.
Contre l’accusation du recteur contre ma personne, j’ai présenté au juge du Tribunal cinq témoins, quatre enseignants de l’université et un représentant des étudiants, qui témoignèrent à tour de rôle : oui, dirent-ils, ce qu’a dit Rouadjia dans son article à propos du recteur est vrai. Nous le confirmons. Il n’a rien dit qui puisse s’apparenter à une diffamation. Il a dit seulement et véridiquement que le recteur est autoritaire, qu’il est cassant, refuse le dialogue serein et la concertation, et qu’il gère, enfin, l’université comme si elle était sa propriété privée…Ils ajoutèrent même qu’il a toujours fait preuve de violence verbale, et même physique dans certains cas envers les enseignants, mais aussi vis-à-vis des employés, tels les agents de sécurité et les femmes de ménage…

Malgré ces témoignages et la robustesse de tous les arguments avancés, le juge du tribunal a donné raison au recteur en me condamnant de la sorte. Indigné contre cette sanction injuste et illégale, je publie peu après un article dans El Watan (10 février 2009) et dans lequel je m’élève contre cette sanction arbitraire et dénonce, dans le même souffle, le parti pris flagrant du juge en faveur du recteur, dont j’ai critiqué une fois de plus le comportement autoritaire et la gestion foncièrement anti- scientifique de l’université. Offusqué par cette nouvelle publication et l’ayant interprété comme un acte de lèse-majesté, le recteur pose à nouveau une plainte contre moi.Motif:diffamation!

Sans recevoir de convocation à mon domicile, ni huissier de justice, je suis condamné comme en catimini par contumace à 6 mois de prison et à 200 000 DA d’amende ! Le tour est joué !
Notons que derrière le recteur et les juges locaux ( pas tous bien entendu) qui m’accusent de « crimes » que je n’ai pas commis, avant de me condamner, se profile l’ombre du Ministre de l’enseignement Supérieur, Rachid Haraoubia et certains de ses proches collaborateurs, que je soupçonne fortement d’avoir manigancer ces mauvais coups contre ma personne. Ce Ministre qui n’aurait pas apprécié certaines de mes interventions télévisées, notamment celle de l’émission C’est dans l’air de TV5, consacrée en septembre 2005 à l’Algérie, et dans laquelle j’avais dénoncé certains segments de pouvoir parasitant l’Etat algérien, et l’empêchant de se consolider sur des bases solides, stables et durables, s’était senti probablement visé par ces critiques pourtant salutaires. C’est pour cette raison, entre autres, qu’il avait très discrètement donné consignes au feu recteur de l’Université de Batna, Mohamed Khezzar, d’annuler in extremis mon recrutement effectué après une audition devant un jury composé d’enseignants censés être en état d’apprécier mes compétences et la valeur de mes œuvres que j’avais étalées à leur demande sur une table située à leur portée….
Reçu premier de la liste des recrutés en histoire, en septembre/octobre 2005, je m’apprête fébrilement à dispenser mes cours dans mon pays « perdu », puis retrouvé, mais aussi dans la ville que j’aime et dans laquelle j’avais naguère travaillé et vécu un certain temps. Au lendemain de mon recrutement annoncé sur une affiche placardée dans le rectorat, je me présente au département d’histoire et je tombe sur l’adjoint du chef du département qui fut mon ex-étudiant au Centre Universitaire de Batna en 1983/84. Il me fait savoir que, le « chef » étant en mission, il peut, lui, me fournir sur les consignes qu’il a reçues de ce dernier l’intitulé des cours, le volume horaire ainsi que le nom de salles et d’amphis où je donnerai désormais mes cours. Muni de ce programme de travail, je me présente le lendemain au petit matin et donne le premier cours dans un amphi bondi d’étudiants. L’après midi, j’en donne un autre.

Tout s’est bien passé. Je suis heureux d’être immergé dans cette foule d’étudiants qui paraissent curieux et assoiffés de connaître. Submergé par une forte charge émotionnelle, liée aux retrouvailles et à la nostalgie des origines, mon bonheur est à son comble.
Au dehors, dans la ville, j’observe la foule nonchalante ou bruyante qui défile sur les avenues ou agglutinées devant les échoppes, les marchands de légumes et les « vitrines ». Je m’y mêle. Je hume l’air et même les odeurs fétides sortant des égouts éventrés par endroits. Quels délices ! Le délice de la nostalgie ! L’amour charnel du pays éclipse à mes yeux émerveillés ces inconvénients et ces contingences…de la vie terrestre…Mais ces exultations ne seront malheureusement que de courtes durées. Car le deuxième jour sera fait de surprises, d’étonnement et de chocs. En me présentant à l’amphi pour prononcer mon cours, je trouvai l’adjoint de département qui m’attendait devant le seuil de la porte avec une mine crispée. Il me dit, d’un ton aussi nerveux, affolé, que gêné : « Y a cheikh, je t’en supplie, n’entre pas dans l’amphi, car tu ne peux pas donner les cours. J’ai reçu consignes de ne pas te laisser franchir cette porte, auquel cas, je ferais appel aux agents de sécurité pour te mettre de force dehors ! »- Qui t’ a donnés donc ces consignes, et pourquoi ? lui fis-je.- Le chef de département, me répondit-il. Peut-être même que les consignes viennent-ils d’en haut ? Je dis peut-être ? . – Du rectorat ou du Ministère ? lui demandai-je.- Je ne sais pas, mais je suppose que ça vient d’en haut, d’Alger… » Je fais mine de pénétrer dans l’amphi, tout en affectant de passer outre ces consignes, il me barre le chemin et me dit en me suppléant : « Y a cheikh, je t’en conjure de ne pas le faire. Je suis père de famille. Il y va du pain de mes enfants. Je n’y suis pour rien. » Sur ce, j’abandonne la partie et je m’éclipse, dégoûté, ulcéré.
Je file au rectorat et je demande au chef du personnel copie de la liste où mon nom figure comme « recruté ». Il me dit qu’il n’a pas le droit de me la fournir. J’ai le numéro du portable de Khezzar. Je tente de le joindre. Il ne répond pas. Alors que le mois et les jours précédents, il me prend à la première sonnerie. Il me recevait même régulièrement dans son bureau pour discuter enseignement, recherche et projets scientifiques en vue.
A l’occasion d’une cérémonie de distribution de cadeaux et d’attestations honorifiques aux plus anciens d’entre les enseignants, il m’a présenté élégamment à l’assistance en qualité de nouveau membre de la communauté universitaire locale. « Monsieur Rouadjia, leur annonça-t-il, est désormais des nôtres. Il revient de France et il est recruté pour enseigner à l’université de Batna. » Applaudissements. Mouvements de la salle. Puis, silence, auquel succède un court discours de circonstance de M. Le recteur. Commence alors la distribution des cadeaux. Soudain, j’entends à ma grande surprise mon nom prononcé par le recteur, m’invitant à porter en l’honneur de Monsieur X (dont j’ai oublié le nom) le cadeau qui lui est imparti. Je prends le paquet symbolique et j’avance d’un pas lent, mais ferme, en direction de la personne indiquée et je la lui remets entre les mains. Embrassades, suivis d’applaudissements de la salle. D’autres distributions s’en suivent avec les mêmes gestes cérémoniales….Mes sentiments étaient que je faisais désormais partie de « la maison », celle de l’Université de Batna, maison que j’avais quittée il y avait plus de vingt ans de cela. A cet instant, je ne savais pas et je ne pouvais imaginer un seul instant que toute une institution, depuis l’université jusqu’au Ministère, puisse comploter à ce point contre ses propres cadres qu’elle prétend faire revenir de l’étranger pour les réintégrer dans le processus du développement local. Pourtant, les faits sont là : j’ai saisi le lendemain de mon expulsion scandaleuse, honteuse, illégale, de l’amphi de l’université, le directeur des ressources humaines de l’époque, Moussa Makhlouf, de cette mesure injuste, absurde et anti-nationale, mais en vain. Le même jour ainsi que les jours, les semaines et les mois qui suivent, j’ai envoyé plusieurs courriers ( fax, lettres recommandées avec accusé de réception) au Secrétaire Général du Ministère, Mohamed Gherras et au Ministre lui-même, sans qu’une réponse ne me vînt de leur part. Des dizaines de coups de fils et autant de déplacements jusqu’à Alger , au siège du Ministère, n’avaient rien donné. Car personne ne daignait me répondre ou me recevoir. Le seul qui avait consenti à me recevoir était Makhlouf, à qui j’avais demandé les motifs pour lesquels le Ministre et son secrétaire général étaient restés bouches cousues, eux que se disaient et qui se disent être les « commis de l’Etat », dans cette affaire qui engagent leur responsabilité politique et morale à l’égard des « cadres exilés de la nation ». Evasif et gêné tout d’abord, il finit par me confier à peu près en ces termes : le Ministre et son clan étaient forts réservés à propos de mon cas pour des raisons sécuritaires : j’aurais un lourd dossier que la sécurité Militaire aurait solidement établi sur mes activités anti-étatique, voire même subversives ! Ce qui expliquerait l’impossibilité pour lui d’interférer dans des affaires en cours d’instruction !
Pauvre Sécurité militaire ! Elle devient le bouc émissaire auquel on endosse toutes les responsabilités des forfaitures commises ou à commettre par certains « entrepreneurs politiques », qui salissent sans le savoir peut-être l’image de cette institution pour mieux se disculper eux-mêmes. Elle sert en fait d’alibi, mais aussi d’épouvantail pour terroriser le citoyen et faire fuir les cadres et les honnêtes gens désireux de servir leur pays. Un autre argument aussi fallacieux que le premier a été avancé pour expliquer mon expulsion brutale de Batna : La Fonction publique. C’est elle, m’a-t-on dit, qui se serait opposé à mon recrutement pour des motifs dont elle est la seule à connaître exactement les ressorts !Quant au feu recteur de Batna, en réponse à une lettre que je lui ai envoyée pour savoir les raisons de la violation du contrat de mon recrutement, il me répond textuellement (le courrier faisant foi) que je devrai demander « l’autorisation » au Ministère pour pouvoir espérer retrouver mon poste usurpé…Telles sont, en substance, les étapes essentielles qui ont jalonné mon calvaire

Res Publica II : Au moment où le pouvoir parle de rapatriement des chercheurs et enseignants algériens à l’étranger, le voilà s’attaquer à toute possibilité d’intégration d’un enseignant-chercheur comme vous. Pourquoi à votre avis ?

A.ROUADJIA.-Le pouvoir algérien n’est pas homogène. Il n’est pas fait d’un bloc monolithique. Il est composé de fragments, de clans, et de chapelles. Il comporte aussi dans ses flancs des parties malades, pourries jusqu’à la moelle, et des parties saines et réformables. Je ne suis pas de ceux qui versent dans l’amalgame et le pessimisme le plus morose.
En dépit de ce qu’il m’est arrivé comme agression, atteinte morale et comme injustice, je demeure foncièrement optimiste et convaincu qu’un sursaut salutaire est possible. Il faut savoir distinguer les institutions des détenteurs du pouvoir un moment donné de l’histoire, bien que les uns et les autres s’informent et se télescopent. Le pouvoir ou les détenteurs du pouvoir passent, les institutions restent.
En réformant les institutions ( les mentalités, l’éducation, les mœurs politiques…), on parvient tôt ou tard à changer les hommes et les individus dans le sens du bien et du meilleur. Pour répondre à votre question, je ne pense pas que le pouvoir soit globalement et seul responsable de la déperdition et de la marginalisation des cadres, mais aussi des ouvriers qualifiés, etc. Le « peuple », les intellectuels, les artistes, les syndicats, les partis politiques, les associations et tout ce qu’est il convenu d’appeler sous le vocable de « la société civile » ont eux aussi une part de responsabilité dans l’échec de l’intégration des intellectuels et de l’intégration sociale et économique de la nation. Certes au sein du « Pouvoir », il y des inconscients et des irresponsables qui travaillent, consciemment ou non, à vider le pays de ses substances essentielles, à le rendre exsangue, pourvu qu’ils renforcent leurs privilèges et assurent, pensent-ils à tort, un avenir confortable et radieux à leur progéniture. Mais dans ce même Pouvoir, il y a des forces, des femmes et des hommes, qui tendent, malgré tous les obstacles, dans le sens inverse : celui de réformer et d’assainir ce qui est susceptible de l’être. Qui dit Pouvoir, dit une classe ou une caste d’individus liés entre eux par des intérêts et qui commandent aux autres, par le biais d’une force coercitive organisée, aux autres. Ces autres ce sont des employés, des petits et parfois de grands fonctionnaires, donc des citoyens de statut « inférieur », qui sont certes au service de ce pouvoir, mais qui ne sont pas forcément d’accord ni avec ses orientations politique et économique ni avec sa vision de l’équité et de la justice. Tributaires des allocations des ressources qu’il leur alloue sous forme de salaire qui leur permet de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, les employés de ce pouvoir, toutes catégorie socio- professionnelles confondues, n’adhèrent donc pas forcément tous à ses modes de gestion et à sa représentation de l’Etat en tant que force transcendante. Nul n’est dupe de l’illégitimité de ce pouvoir, qui en est une réduit à une poignée de prédateurs et de violeurs des lois des la République.
Jaloux de ses privilèges, de ses rentes de situation et crispé sur ses certitudes absurdes de détenir le monopole de la vérité et du patriotisme, ce pouvoir et les clans dont il se compose n’ont nullement intérêt à ce que des cadres nationaux, compétents et honnêtes, soient intégrés dans les circuits de l’Etat, et c’est pourquoi ils voient d’un mauvais œil la réintégration dans la mère- patrie les compétences diasporiques qui pourraient non seulement leur porter ombrage, mais dénoncer également leurs tares congénitales. Mon exemple, et celui d’une quantité d’autres cadres nationaux revenus de l’étranger pour servir honnêtement leur pays, mais qui ont été tous soit exclus, marginalisés, soit poussés au retour là où ils étaient venus, illustrent parfaitement la volonté des clans cramponnés au pouvoir d’exclure de leur « périmètre sacré » tous ceux qui font montre d’un esprit critique et vigilant la gestion opaque ou de type « mafieuse » des affaires de la nation et de l’Etat….

Res Publica II: En tant que sociologue, comment analysez-vous la relation Pouvoir/Institutions ?

A.ROUADJIA.- Ce que je viens de dire renferme la réponse à votre question. J’ajouterai seulement quelques phrases en guise d’éclaircissement : le pouvoir, c’est-à-dire les clans et les chapelles d’intérêts qui l’investissent et le phagocytent, asservissent au nom de l’Etat et des lois qui le régissent, les institutions à des fins privatives. Par exemple, un département ministériel, comme celui du MESRS, que nous connaissons le mieux, le Ministre représente théoriquement l’institution qu’il chapeaute ; en pratique, il est le chef d’un clan, de proches, d’amis et de « cousins », soit en ligne directe, soit par le jeu d’alliances matrimoniales. L’esprit de corps dont parle Ibn Khaldun, se trouve ici renforcé par des intérêts et des enjeux patrimoniaux communs. Ainsi le ministre qui représente et agit théoriquement au service de l’Etat, instance transcendant en principe les intérêts particuliers, n’est-il en pratique que l’incarnation vivante, la référence obligée et le symbole unificateur du groupe d’intérêt dont il est le chef de manière tacite ou informelle. Chaque ministre, chaque grand responsable qui occupe le compartiment qui lui est désigné au sein du pouvoir, s’emploie tout d’abord à placer ses hommes de confiance à la tête des institutions relevant de ses prérogatives, avant de feindre d’être au service non seulement de l’Etat, mais aussi de toute la nation. La fiction de servir l’Etat masque en fait la réalité d’une pratique faite de clientélisme, de cooptation et d’allégeances de type féodal. Pour ne parler que du MESRS dont je ne connais que la partie visible de l’iceberg, les nominations par exemple, des recteurs, des directeurs centraux, du secrétaire général, du chef du cabinet, et d’autres responsables relevant de son secteur, obéissent, sauf exception, non pas à des critères de compétences avérées, mais aux critères soit du « sang » ( les cousins), soit à ceux de l’allégeance, soit encore à ceux du « copinage ». Chaque Ministre se réserve un « quota » de personnes à placer comme « une ceinture de sécurité » autour de lui afin de l’aider durant toute la durée de son « mandat » à préserver sa chasse gardée contre d’éventuels « intrus ». Si vous procédiez à une petite enquête auprès des universités nationales, vous ne manqueriez pas de découvrir les liens de parentés, de régionalisme, de clientélisme, et de cooptation, qui relient le noyau « dur », central, de la tutelle, aux responsables placés à la tête de ces établissements…Inutile en effet de citer des noms tant les choses sont de notoriété publique.
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant à ce que le Ministre actuel du MESRS soit sinon hostile, du moins fort réservé, à ce que les cadres nationaux établis à l’étranger soit rapatriés. Avant de parler avec une démagogie manifeste de leur éventuel rapatriement, ne faut-il pas d’abord se soucier de ceux marginalisés à l’intérieur, et de manière quasi délibérée ? Jamais, en effet, l’Algérie indépendante n’a connu un ministre de l’Enseignement Supérieur aussi indifférent à la chose scientifique que le ministre actuel, et jamais l’université et la recherche n’ont été géré de manière aussi dilettante et catastrophique qu’elles ne le sont de nos jours, et jamais encore l’Algérie n’a été classée comme l’un des parents pauvres en matière de recherche, de publications et d’enseignement dans les comparaisons internationales qu’elle ne l’est à présent.
Les courbes des statistiques internationales montrent en effet que notre pays se situe en ces domaines bien en deçà de certains pays pauvres d’Afrique noire, chose qui ne semble pourtant guère inquiéter le ministre Haraoubia, dont l’entrée comme membre au Comité Central du FLN ne manquerait pas de marquer la recherche et l’enseignement d’un caractère plus « idéologique » encore que scientifique.

Res Publica II: /Si cette relation est aussi « pathologique » voire dangereuse, quel sort est-il réservé à l’Etat lui-même ?

A.ROUADJIA.- Il ne s’agit pas d’une relation « pathologique » au sens médical et clinique, mais de relations paradoxales faites de subordination et de complémentarités des deux termes, Pouvoir et institutions. De fait, les institutions sont instrumentalisées par le pouvoir, et en même temps il s’en sert pour se légitimer. Les institutions, à leur tour, tiennent dans une certaine mesure le pouvoir dans leur dépendance, et cette relation dialectique crée des passerelles d’échange de services réciproques, de coopération, d’obligation et de contraintes diverses. En ce sens, les deux espèces d’instances, se complètent et s’excluent paradoxalement. Mais la question essentielle, et qui ressort d’une haute importance est celle-ci : où se situe donc l’Etat dans cette double configuration ? Tant que l’on parle du pouvoir auquel on attribue une force omnipotente et omnisciente, on exclut d’emblée, et implicitement, l’existence de l’Etat saisi au sens de l’Etat de droit. Dès lors, le pouvoir est considéré, dans l’imaginaire populaire comme dans l’imaginaire politique « moyen » comme un substitut, un succédané d’un Etat en devenir, une sorte d’idéal à réaliser. Le pouvoir serait alors dans ce cas le lieu où se font la gestation de l’Etat et le lieu de son incubation. En l’occurrence, le concept d’Etat, et partant de l’Etat lui-même, reste indéterminé, telle une équation mathématique. Mais sous sa forme actuelle d’agglomérat de « clans », et tel qu’il se déploie sous nos yeux, le pouvoir en Algérie se présente effectivement comme un ferment sûr de tout ce qui pourrait constituer ou former le socle sur lequel s’édifiera l’Etat de droit dont le pouvoir ne serait que l’instrument docile pour exécuter les lois, et non pour les contrarier…On n’est pas encore là.

Res Publica II: En évoquant l’Etat en Algérie, d’aucuns pensent qu’il est devenu un « domaine privé » entre les mains du pouvoir et de ces cercles, ne pensez-vous pas que cette confiscation conduise à l’éclatement et de l’Etat et de la société ?

A.ROUADJIA.- Envisagé sous le rapport quantitatif, des structures, des institutions, des potentialités, de l’histoire, de la culture, et de « la force » en termes physiques, l’Etat algérien existe bel et bien. Je dirai même qu’il est « fort » à la manière jacobine. Mais regardé sous le rapport qualitatif, c’est-à-dire vu sous l’angle du droit, il n’existe que sous la forme idéelle et symbolique, et non sous la forme consolidée et pérenne d’un Etat de droit. C’est point vulnérable, son talon d’Achille. Ce qui fait l’Etat de droit, ce sont tous les citoyens, et non un clan. Le clan et le pouvoir des clans ne favorisent pas l’émergence de l’Etat, mais contribuent au contraire à son affaiblissement, voire à son extinction, rançon de leur pérennité en tant que système clos, fermé sur lui-même et égoïstement crispé sur ses butins et « produits » de prédateur. Le droit en tant que facteur d’ordre social et de régulation des rapports sociaux est le contraire de la logique d’un pouvoir fondé sur des clans faisant du pillage des ressources leur unique raison d’être. Naturellement, un tel pouvoir ne pourra pas s’accommoder ou se faire à l’ordre un Etat de droit lui prescrivant des limites à ne pas dépasser, et lui interdisant de privatiser ou de s’accaparer de ce qui appartient au domaine privé et publique. Bien entendu, un tel pouvoir œuvre non pas au renforcement de l’Etat, mais à son effacement, et ce qui se passe à présent sous nos yeux montre que les pratiques et les mœurs du pouvoir algérien travaillent dans le sens inverse de la marche irrésistible de l’histoire : la désagrégation de l’Etat et la désorganisation de la société…

Res Publica II: De part vos travaux sur l’Algérie et comptes tenu des expériences étrangères, quelles pistes pouvez-vous tracer pour une refondation rationnelle de l’architecture sociopolitique du pays ?

A.ROUADJIA.- Des refontes profondes de toutes nos institutions : juridique, politique, économique, financière, éducative et culturelle. Cela suppose une volonté, un choix stratégique, et des objectifs clairement définis, ainsi que des questionnements pertinents sur ce qu’on veut et cherche à atteindre. Cela suppose aussi l’existence d’ hommes politiques qui savent réfléchir, élaborer des scénarios et anticiper l’avenir, et non des politiques aux horizons bornés et à la pensée toute faite, tels des produits jetables…Les réformes indiquées ne sauraient se réaliser et donner des résultats durables sans que les structures mentales et psychiques qui informent nos représentations étriquées et étroites ne soient bouleversées de fond en comble. Nos sommes victimes d’une ankylose de la pensée, et c’est celle-ci qui est à l’origine de nos « pathologies » et de l’inhibition de nos potentialités et de nos imaginations créatrices. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que l’on pourra concrétiser les refondations nécessaires que requièrent le progrès et la modernité politique….

Res Publica II: Vous êtes connu pour votre engagement universitaire et intellectuel, ne croyez-vous pas que l’échec des élites dans leur missions a accéléré la décrépitude des tissus structurels de la société, du pouvoir et de l’Etat ?

A.ROUADJIA.- Il n’y a pas d’élites autonomes en Algérie, et la seule qui fait parler d’elle est l’élite « organique », c’est-à-dire celle qui se cramponne au pouvoir ou qui en détient des parcelles. L’élite « intellectuelle » au sens occidental n’existe pas en Algérie. Il y a certes une élite intellectuelle, composée d’une poignée d’universitaires, de journalistes, d’écrivains et d’artistes. Atomisée, et parfois stigmatisée et discriminée par le pouvoir, elle demeure végétative et comme prostrée. L’université algérienne n’a pas produit une élite éclairée, agissante, dynamique et productrice du savoir et du sens, mais des diplômés en quantité et dont la valeur reste fort discutable. Au contraire, le monde journalistique s’avère mieux loti et mieux armé que le monde universitaire, qui demeure, lui, sclérosée par une sorte de pensée scolastique. Bon nombre de journalistes ont su suppléer les carences du monde universitaire, et combler le vide intellectuel que celui-ci a creusé au fil des ans. Incontestablement, beaucoup de nos journalistes méritent d’être rangés dans la rubrique de l’élite intellectuelle du pays au sens plein du mot, tant ils se révèlent prolifiques et critiques à la fois. Par leur travail opiniâtre, critique et souvent pertinent, ils contribuent déjà à l’enracinement de l’idée de l’Etat de droit et de la cohésion de la nation, chose que nos universitaires- Docteurs- d’Etat négligent soit par pusillanimité, soit par indifférence, soit par peur de se compromettre…

Res Publica II: Peut-on réformer l’institution universitaire aujourd’hui ou faudrait-il concevoir un model nouveau en adéquation avec les exigences du monde actuel ?

A.ROUADJIA.- La réforme universitaire est possible, à condition que ceux qui président aux destinées de l’Enseignement supérieur soient compétents et conscients de l’enjeu que représentent la science, le savoir et la technologie dans un monde où la compétition entre les nations se fait dure, âpre et impitoyable. Ce n’est pas avec le ministre actuel du MESRS et son équipe que l’Algérie puisse prétendre se mesurer aux nations dynamiques, inventives et agressives en ce domaine, comme le sont certains pays asiatiques, comme la Chine, le Vietnam, et l’Indonésie et l’Iran. Notre MESRS ne sait rien d’autres que copier des modèles étrangers en les transposant dans notre système d’enseignement et de recherche ( LMD plaqué, gestion purement technique de la science, absence de cohérence dans la stratégie suivie en la matière et primat absolu accordé à l’administratif au détriment du scientifique…).Autrement dit, il n’y a aucune congruence entre le discours théorique sur la science et la pratique réelle de celle-ci sur le terrain. Dans ces conditions, comment peut-on s’attendre à une réforme en profondeur de l’enseignement et de la recherche dans le sens de « l’excellence », mot dont le ministre actuel aime à se gargariser dans ses discours ésotériques lorsque lui-même, physicien de son état qu’il soit, demeure déconnecté de la réalité même terrain et prisonnier de la langue de bois, chère aux apparatchiks du FLN, vieux style ? Formé dans le moule des « Anciens » idéologues du vieux parti qui vient de l’élever au rang de membre de son Comité Central, M. Haraoubia se représente la science de manière idéologique, c’est-à-dire réductrice et devant obéir de ce fait aux réquisits des membres de « la famille révolutionnaire » et des ses rejetons encore vivants : une science asservie au politique et aux préjugés et aux idées préétablies qui le sous tendent. Telle est, en substance, la vision implicite, qu’on a de la science et de sa promotion…

Res Publica II: Pensez-vous en toute franchise que le pouvoir en Algérie est «réformable » et « démocratisable » de l’intérieur. Si oui, comment?? Si non, que doit-on faire?

« La démocratie ne saurait être envisageable par le pouvoir tant qu’il bafoue le droit. »

A.ROUADJIA : A cette question, je pense en partant des faits concrets, mais aussi de l’histoire des idées, des mœurs politiques, et des représentations anthropologiques qui informent les structures mentales et psychiques des acteurs politiques nationaux, que le régime est imperméable à la démocratisation, spontanée et progressive. Si démocratie il y aura, elle viendrait de la pression extérieure, c’est-à-dire essentiellement de la société civile, des forces politiques et intellectuelles autonomes…Par ailleurs, la démocratie ne saurait être envisageable par le pouvoir tant qu’il bafoue le droit. Or, historiquement, le droit a précédé de plusieurs siècles, en Occident, l’avènement démocratique. Le pouvoir se démocratisera quand triomphera le droit, et s’imposera à tous, administrateurs et administrés, comme un facteur de justice, d’équité et de régulation de l’ordre politique et social. Le droit, en tant qu’expression transcendante de l’ordre civilisé, comme la forme suprême et incarnée de l’Etat, prépare et aplanit le terrain à la démocratie délibérative et représentative, à la manière grecque. Or, nous sommes encore au stade d’une revendication, toujours contrariée et rejetée par le pouvoir, d’un droit juste et équitable, pour que l’on puisse prétendre goûter aux fruits délicieux de la démocratie…Ce que le peuple revendique de manière instinctive, ce n’est pas la démocratie, mais la  justice sociale, le droit et l’équité. Le pouvoir le sait, et son refus, calculé ou inconscient, d’accéder à ces demandes légitimes que sont la justice et l’équité, lui permet d’ajourner et de reporter aux calendes grecques, la question démocratique. Elle n’est ni ses préoccupations ni dans « sa feuille de route « politique. Quant à la question de savoir de comment et que faire pour démocratiser et le régime et la société, elle dépend essentiellement des forces intellectuelles et politiques indépendantes et contestataires au sein de la société civile et de leur capacité de proposer des alternatives crédibles à travers des programmes de changement entraînant l’adhésion du cœur et des imaginaires sociaux. Or, les partis politiques d’opposition actuels, toutes étiquettes politiques par ailleurs confondues, sont à l’image du pouvoir qu’ils prétendent combattre, et ils n’ont rien à lui envier en matière de démagogie, d’autoritarisme et de clientélisme forcenés, et qui sont l’exact contraire de la démocratie représentative…Tels sont, brièvement présentés en vrac, mes sentiments.

Res Publica II: 10/ Une dernière question s’il vous plait .Elle est personnelle si vous permettez. Pourquoi vous n’êtes pas reparti à l’étranger après ce qu’on vous a fait subir ?

« Je n’abdiquerai jamais devant l’intimidation et je ne repartirai pas à l’étranger. »

A.ROUADJIA.- Une bonne question ! Je n’y suis pas retourné pour des raisons plus « philosophiques » que personnelles : retourner à l’étranger, fuir son pays, c’est ce que souhaitent in petto beaucoup de gens du pouvoir. Ils jouent, ces messieurs, sur le découragement, la démission morale et intellectuelle, la lâcheté et d’autres traits de caractères timorés ou pusillanimes dont peuvent faire preuve certains individus, pour les faire partir afin qu’ils puissent régner sans partage sur les institutions et leur imprimer une orientation, une direction, qui soit conforme à leurs intérêts et à ceux de leur progéniture. J’ai toujours conseillé à mes compatriotes expatriés, et dotées de compétences, de rentrer au pays en dépit de tous les obstacles qu’ils les attendent une fois sur place. Je leur disais : ce que cherchent certaines (mais pas toutes) composantes du pouvoir algérien, c’est de rendre la vie difficile à tous les cadres compétents honnêtes, de l’intérieur et de l’extérieur du pays, dans le but de les marginaliser ou de les forcer à l’exil. Car pour ces gens cramponnés désespérément au pouvoir, les compétences effectives constituent un danger mortel pour eux, car ils dénoncent leurs carences intellectuelles, rabaissent leurs prétentions, et mettent à nu toutes les tares qui leur sont quasiment consubstantielles. Ces cadres de l’intérieur et de l’extérieur dont on chante les louanges et réclament du bout des lèvres le retour, constituent de redoutables concurrents pour ces détenteurs assoiffés de pouvoir, de richesse et de prestige. C’est pourquoi, ils font feu de tous bois pour faire le vide autour d’eux. Ils instituent des clôtures et des barrières autour de leurs périmètres sacrés que sont les postes afin que nul, en dehors de leur clan, n’y puissent pénétrer. Voilà pourquoi, j’ai décidé, à mon niveau personnel, de demeurer dans mon pays et d’exploiter les possibilités et les espaces de liberté qui nous restent encore, en dépit de tout, afin de combattre leurs méfaits. Ne pas lâcher prise, ne pas se laisser abattre, poursuivre vaille que vaille le combat à l’intérieur du pays, plutôt que d’aller hurler et brailler loin du pays contre un régime sourd, c’est donner l’exemple aux cadres de l’extérieur qu’il y a, malgré toutes les difficultés, et les obstacles que on y rencontre, des possibilités et des champs ouverts pour une lutte en vue du changement dans le sens du meilleur. Montrer aussi, aux cadres de l’intérieur dégoûtés et tentés par l’exil, que la démission et la « fuite » en avant font justement le lit de certains responsables gouvernementaux qui voient dans les intellectuels et les cadres honnêtes et engagés des « des boutefeu », des perturbateurs non pas de l’ordre politique et social, mais des perturbateurs de leur propre ordre fondé sur une vision étriquée et privative du pouvoir. Telles sont les raisons profondes qui m’ont incité à ne pas abdiquer, en dépit des injustices subies et des condamnations prononcées, au motif de délit d’opinion relevant des non-dits.

Interview réalisée par Fodil Boumala

SOURCE : http://www.lequotidienalgerie.org

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