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 5000 oliviers menacés par le train

30/4/2010

 

5000 oliviers menacés par le train
27 Avril 2010

Le venue tant attendue, vendredi dernier, du ministre des Transports à Bouira n’a pas atténué la colère des propriétaires terriens de la région Est de la wilaya. Les élus locaux des communes concernées par le projet de modernisation, dédoublement et électrification du rail, voulaient porter à la connaissance du ministre le refus des propriétaires de ce tracé entre Thénia et Bordj Bou Arréridj long de 157 km.
Or, les maires et leurs collaborateurs sont repartis bredouilles puisque le ministre s’empressera de lever la séance sitôt son exposé sur le projet national terminé. Même le choix de la journée, le vendredi, est interprété par les présents comme un fait délibéré pour éviter le débat.
La ligne ferroviaire inscrite dans le cadre du projet de relance de ce moyen de transport passe et traverse plusieurs communes de la wilaya de Bouira. Les propriétaires terriens d’El Esnam, Bechloul, Thamrijth, Oued El Bared, Beni Yekhlef...s’ y opposent parce que la voie scindera leurs biens surtout que la double ligne occupera une largeur de 50 mètres. Le caractère agricole et la haute valeur de ces terres sont les arguments que les contestataires voulaient utiliser pour convaincre de la nécessité d’aller vers une autre variante moins pénalisante pour des milliers de familles qui vivent de l’agriculture.
Le périmètre agricole du Sahel, directement touché par le passage du train, connaît un essor certain avec l’existence du barrage Tilesdit. Le maintien du projet à l’état actuel engendrera selon les agriculteurs, la perte de plus de 350 ha d’une terre fertile, la destruction de 5000 oliviers et la disparition de milliers d’autres arbres fruitiers. Même en milieu urbain, le tracé suscite des craintes. Le chef-lieu de la commune d’El Adjiba, à titre d’exemple, est divisé en deux zones distinctes par le rail.
L’inexistence de passerelles entre les parties Est et Ouest, est à l’origine chaque année d’accidents mortels. Pour revenir au projet, signalons que la voie ferrée envisagée, est confiée au groupe chinois Ccecc et au groupe turc Ozgun pour une enveloppe financière globale de 161 milliards de dinars dont 860 millions en euros. La wilaya de Bouira compte la plus grande part du projet avec 82 km, suivie de Bordj Bou Arréridj avec 47 km, Boumerdès avec 17 km et Béjaïa 11 km. Les propriétaires terriens reconnaissent l’importance stratégique du projet mais se demandent pourquoi un seul choix, voire une option pour un seul tracé à l’impact négatif dans une wilaya agricole quand les pouvoirs publics à tous les niveaux de responsabilité appellent à la préservation des terres fertiles.
En guise de solution, ils proposent le maintien de l’ancien tracé avec le contournement des agglomérations importantes. Convaincus du bien-fondé de leurs démarches, les agriculteurs sont décidés à défendre des biens ancestraux, leur seule source de vie en recourant à la justice pour faire valoir leurs droits. Ce conflit influera à ne pas douter sur les délais de réalisation impartis: 38 mois, études incluses. Les blagues sur le retard du train douga douga (TDD), jadis racontées pour contrer le TGV ont encore de l’avenir chez nous.

Abdenour MERZOUK

Source : http://lexpressiondz.com

 

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