Secteur de l’agriculture dans la wilaya de Médéa : Un champignon menace les champs de blé » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Secteur de l’agriculture dans la wilaya de Médéa : Un champignon menace les champs de blé

20/4/2010

 

P.tritici-repentisSecteur de l’agriculture dans la wilaya de Médéa : Un champignon menace les champs de blé

Si des traitements ne sont pas appliqués en urgence, ce champignon peut compromettre plus de 50% de la production, selon le directeur des services agricoles de la wilaya de Médéa.

Le champignon dit Pyrenophora Tritici-repentis menace les récoltes de blé dans la wilaya de Médéa. Cette maladie qui touche la production céréalière a surpris les agriculteurs de la région, non habitués à effectuer des traitements préventifs dans leurs champs de blé pour diverses raisons. D’une part, les fongicides demeurent très coûteux et ne sont pas à la portée des petits fellahs (3500 DA le litre à l’hectare), d’autre part, l’état des sols, trempés par les dernières pluies, constitue un obstacle qui empêche les exploitants d’accéder avec leurs engins aux parcelles ensemencées pour les pulvériser. Les techniciens de la direction locale de l’agriculture (DSA) sont constamment sur le terrain pour suivre l’évolution de cette maladie, dont l’état est stationnaire. Mustapha Benaoui, directeur des services agricoles de la wilaya de Médéa, nous a déclaré à ce propos : « Cette maladie est à la fois sporadique et spectaculaire ; elle peut provoquer d’importants dégâts quant au rendement des cultures. Si des traitements ne sont pas appliqués en urgence, elle peut compromettre plus de 50% de la production, car la maladie de tache auréolée se répand comme une traînée de poudre dès la tombée de quelques gouttes de pluie et risque ainsi de contaminer d’immenses étendues de blé dur ».

Le premier responsable du secteur agricole de Médéa se montre ainsi alarmé par l’apparition de cette infection qui a pris tout le monde à contre-pied dans cette région semi-aride, alors que cette maladie ne s’attaque en principe qu’aux zones humides. Du reste, certains champs de blé connaissent la propagation d’une autre maladie, il s’agit de la rouille jaune, laquelle vient d’être détectée au niveau des communes de Beni Slimane et Guelb El Kebir. Cette infection est plus redoutable et virulente pour la récolte des champs de blé tendre, car elle s’attaque directement aux feuilles protégeant les épis. Les inspecteurs phytosanitaires font de leur mieux pour sensibiliser et apporter des conseils techniques aux fellahs.

Ces maladies céréalières se présentent mal, à l’heure où les services en charge du secteur agricole ont prévu une bonne récolte dépassant largement la moyenne habituelle de rendement à l’hectare, dans une wilaya classée parmi les régions céréalières les mieux loties dans le pays. D’ailleurs, la saison agricole 2009/2010 a connu une augmentation des surfaces emblavées dans cette wilaya qui sont passées ainsi de 112 000 ha à 118 000 ha. Les services agricoles comptent même atteindre 250 000 ha de surfaces emblavées en 2014. Aussi, des techniques modernes, associées à la bonne météo enregistrée, ont été utilisées pour fertiliser les sols et intensifier la production.

Des filières à booster

Les superficies ayant reçu des engrais sont passées de 3000 à 10 000 ha et les semences certifiées (protégées contre le destructeur ver blanc) ont été utilisées sur une surface de 38 000 ha, alors que l’année écoulée, cela se limitait à 17 000 ha. Sur un autre registre, la filière du lait place aussi la wilaya de Médéa dans une bonne position à l’échelle nationale, elle est classée en effet au quatrième rang, avec une production laitière de 48 millions de litres par an et compte atteindre, à l’horizon 2014, une quantité de 139 millions de litres annuellement. Cette augmentation, en qualité et en quantité, sera accompagnée par le développement de nouvelles étables qui seront peuplées d’un cheptel de bonne race, avec de l’aliment de bétail amélioré et suffisant pour assurer un meilleur rendement laitier par vache.

Des experts hollandais ont d’ailleurs séjourné récemment à Médéa et ont effectué des visites de travail au niveau de quelques exploitations agricoles, afin d’apporter conseil aux éleveurs dans le but d’améliorer leur production laitière. Toutefois, le créneau laitier à Médéa reste toujours confronté à l’épineux problème de collecte du lait cru auprès des petits éleveurs. En effet, les taux de collecte pour les besoins des industriels hors wilaya n’ont atteint que 12% ; l’autoconsommation familiale s’est réservée une part de 25% seulement et les 80 crémeries implantées en particulier au chef-lieu de wilaya se partagent le reste. Selon notre interlocuteur, ces difficultés seront sans doute surmontées avec la mise en service de trois nouvelles laiteries programmées au niveau des communes de Médéa, d’El Omaria et de Aïn Boucif, cela ne fera qu’encourager davantage les producteurs laitiers de toute la région.

A souligner enfin,que d’autres filières intégrées en 2010 dans les contrats de performance ont ciblé la modernisation et l’intensification de la production, notamment des viandes blanches et rouges, particulièrement au sud et à l’est de la wilaya, ainsi que la plantation et le développent de l’oléiculture et de la culture de la pomme de terre.

Par A.Teta

 

La tache auréolée, une histoire algérienne

La maladie des blés la plus importante s’appelle la tache auréolée. Le champignon pyrenophora tritici repentis attaque les feuilles, réduisant la surface utile et provoquant une baisse de rendement pouvant aller jusqu’à 50%.

Moins exigeante en température et en humidité que la septoriose, elle est présente dans la quasi-totalité des régions céréalières. Pendant longtemps, les scientifiques du monde entier croyaient que ce champignon causait un seul symptôme et que la maladie était héritée de manière polygénique. Ce n’est qu’en 1991 qu’un chercheur algérien, Lakhdar Lamari, ingénieur à l’ITA de Mostaganem et originaire du village de Salah Bouchaour (Skikda), publie ses travaux démolissant les thèses prévalentes. Il démontre que le champignon entraîne en réalité deux symptômes : la chlorose et/ou la nécrose. Et que la pathogénicité (dont un gène peut provoquer la maladie) et la virulence étaient provoquées par des toxines sécrétées par le champignon.

De plus, il a isolé ces toxines et démontra que la maladie était gouvernée par des gènes distincts et répondait au fameux concept de « gène pour gène ». Une révolution car depuis, tous les travaux sur la résistance des blés à cette maladie ont été complètement réorientés. En 1993, alors qu’il visitait sa région natale dans le cadre d’un projet des Nations unies en compagnie de Rachid Sayoud, il préleva dans un champ des feuilles de blé contaminées par la tache auréolée. De retour à l’université de Manitoba (Canada) où il professait, il parvint à démontrer qu’il s’agissait non plus d’un pathotype mais d’une race. La nouvelle fit grand bruit lorsqu’elle parut dans un article dans une revue de référence. Plus tard, son collègue Sayoud prélèvera dans la région d’Héliopolis (Guelma) une feuille contaminée qui révéla à l’analyse qu’il s’agissait encore d’une nouvelle race.

 Par Aziz Mouats

 Source : http://www.elwatan.com

 

Voir sur le même sujet :

http://www.vulgarisation.net/77.pdf  

http://www.agrarforschungschweiz.admin.ch/archiv_11fr.php?id_artikel=792

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