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 Un pavé dans la mare climatique.

13/4/2010

 

Un pavé dans la mare climatique.

Par Nexus

Dans l'hexagone, certains scientifiques osent également afficher leur scepticisme. Physicien, directeur de recherche au CI1RS et auteur des Scientifiques ont perdu le nord, Serge Galam est de ceux-là.

Les interrogations viennent aussi de France, ainsi qu'en témoigne le livre paru à l'automne dernier de Serge Galam Les Scientifiques ont perdu le Nord sous-titré Réflexions sur le réchauffement climatique1. L'auteur est physicien, théoricien du désordre et fondateur de la sociophysique. Il est aussi directeur de recherche au CNRS et membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA) à l'École Polytechnique. Il n'est donc pas « climatologue » et ne le revendique pas. Sa démarche consiste à évaluer le processus scientifique à l'oeuvre autour du réchauffement climatique, pas à prendre parti pour une hypothèse. Le ton est donné dès la quatrième page de couverture :

« II existe une grande différence entre une preuve scientifique et une théorie scientifique. Ainsi en est-il de ce réchauffement de la planète dont aucun scientifique honnête ne peut prouver que l'homme en soit l'unique responsable. »

Ce n'est pas assez clair ? Voici : « Les scientifiques dans cette affaire sont devenus des gourous. Leurs opinions sont devenues une vérité absolue. La science est désormais décrétée et non prouvée, nous n'avons plus qu'à nous taire, trembler, nous repentir et payer pour notre salut. Payer, au sens premier du terme. »

Principales cibles : le Giec et l'ONU, qui concluent de façon définitive que l'homme est responsable du réchauffement climatique. Pour Serge Galam, une telle affirmation ne relève pas de la science:

« La climatologie est aujourd'hui loin d'être une science exacte. Elle se fonde essentiellement sur des résultats parcellaires et incomplets, en grande partie basés uniquement sur des modèles simulés sur ordinateur. Sa capacité de prédiction n'est pas prouvée. Vouloir s'engager sur des mesures concrètes pour changer le monde, au nom de ces projections, relève du charlatanisme et non d'une vérité scientifique. »

Aucun couac des contradicteurs de l'éminent Giec ne doit être toléré. Il existe aujourd'hui les bons scientifiques et les hérétiques.

Quelles preuves ?

L'auteur rappelle que ces projections proviennent d'une dizaine de modèles, dont même la concordance ne permet pas d'affirmer la pertinence de leurs résultats communs. Il y a en effet de nombreux phénomènes qui nous sont encore inconnus, par exemple l'influence des nuages, «facteur très important, mais dont le rôle est loin d'être compris ».

Serge Galam pose alors une question essentielle : « Finalement, quelles sont les données solides actuelles sur lesquelles se fondent ces milliers de convaincus de la culpabilité humaine, pour affirmer de façon autoritaire, au nom de la science, que leur conclusion est indiscutable ? ». Il répond qu'il en existe trois :

« - L'augmentation rapide de la température globale de la planète depuis 1978, les termes de rapidité et d'augmentation devant être pris comme relatifs à ce qui sepassait avant.

- L'augmentation récente de la teneur en C02 de l'atmosphère.

- L'augmentation récente de la production de C02 par l'homme. »

Les climatologues comparent ensuite les courbes respectives de l'augmentation de la température globale et de l'augmentation de la teneur en C02 dans l'atmosphère, constatent une forte similarité et en déduisent une corrélation de cause à effet entre les deux phénomènes. « Mais cette conclusion n'est pas-fondée, loin de là. » Serge Galam enchaîne: « Un tel unanimisme est inquiétant par nature, quand il n'est pas scientifiquement fondé, d'autant que la clarté affichée, du problème avec sa solution évidente, présentées comme des certitudes scientifiques indiscutables, sont dérangeantes. Face à un processus aussi complexe que l'évolution du climat, comment un seul facteur, notre contribution à la teneur en C02 de l'atmosphère, pourrait-il tout déterminer ? ». Le Giec et ses méthodes sont de nouveau dans le viseur: « De plus, vouloir prouver la validité d'affirmations alarmistes en brandissant des milliers de signatures de scientifiques est totalement non scientifique. C'est la preuve qu'ils n'en ont pas, sinon une seule signature suffirait, avec la bonne démonstration. »

Le Giec intouchable

Les partisans de la culpabilité humaine ont même désormais pris le pouvoir, quasiment d'essence religieuse : « Les climatologues ayant instauré des dogmes, il lui devient nécessaire de séparer le bon grain de l'ivraie comme toute religion. Ceux des climatologues qui voudraient attribuer le réchauffement climatique à une cause naturelle sont systématiquement mis à l'écart de nombreuses activités institutionnelles. Aucun couac des contradicteurs de l'éminent Giec ne doit être toléré. Il existe aujourd'hui les bons scientifiques et les hérétiques. » Même si ces derniers ne sont pas encore brûlés, Serge Ga-lam constate toutefois que nous n'en sommes plus très loin: le « non-croyant»2

Claude Allègre en a fait les frais, puisque sa nomination au poste de ministre de la Recherche fut rendue impossible par ses positions contraires à celles du Giec. Il cite cet article du Monde où Nicolas Hulot explique que lors d'une de ses visites à l'Elysée, il signifia au président « les yeux dans les yeux [...] qu'on ne pouvait pas avoir un discours sur le réchauffement et, en même temps, prendre au gouvernement un négationniste3 de la question »4 Un « cardinal » du Giec est même intervenu dans les médias pour affirmer : « On ne peut pas avoir un ministre qui nie la réalité du changement climatique. »

Et Serge Galam de déplorer l'amalgame systématiquement adopté contre les sceptiques : s'ils doutent des seules causes humaines du réchauffement, c'est donc qu'ils nient aussi la pollution et l'épuisement des ressources de la planète ! Qui pourrait pourtant croire qu'un scientifique dont les travaux aboutissent à la conclusion que le réchauffement climatique est dû au système solaire serait ipso facto en faveur de la pollution?

Même si les arguments de Serge Galam sont convaincants, le lecteur ayant vu Une Vérité qui dérange d'Aï Gore objectera la force des « explications scientifiques » présentées dans ce documentaire, qui a valu à son auteur deux Oscars et le prix Nobel de la Paix 2007 avec le Giec.

La vérité qui dérange Galam

Est-il utile de préciser que ce film est aussi une cible de choix du livre de Serge Galam ? Extrait :

« On pourrait avoir l'impression que, pour toute personne politique, scientifique ou simplement citoyenne, le film d'Al Gore Une Vérité qui dérange est la source principale de son information sur le climat, la considérant comme "100 % scientifique véritable". C'est la nouvelle bible, une vérité qui fait foi, celle du climat et des hommes, une bible non pas révélée, mais produite, dit-on, par la science pure et dure. Pour moi, ça, c'est une "vérité qui dérange". »

Et l'auteur de rappeler qu'à la suite de la décision par le gouvernement britannique de diffuser le film dans 3 500 écoles, un citoyen s'y est opposé en justice au motif, entre autres, que le film présentait de « graves inexactitudes scientifiques ». Rendu en octobre 2007 par la Haute Cour de Londres, le verdict a conclu « qu'Al Gore n'avait pas toujours les preuves de ce qu'il affirmait dans son film, pointant précisément "neuf erreurs" [...] faites "dans un contexte d'alarmisme et d'exagération" »,

Pour Serge Galam, ce film est avant tout de la propagande politique. Or, « si Al Gore se trompe et que les changements climatiques sont d'origine naturelle, alors il serait urgent de désamorcer le phénomène sociopolitique de grande envergure qui commence à se mettre en place. Porteur de dangers extrêmes, il pourrait provoquer des réactions en chaîne insoupçonnables [...] ».

Serge Galam est un homme courageux. Ses prises de position, et notamment son article paru dans Le Monde en février 2007 lui ont valu des attaques virulentes. Outre le fait que la plume est incisive et le livre agréable à lire, Les Scientifiques ont perdu le Nord présente le mérite de nous rafraîchir... l'esprit. Le Giec ne pourra qu'apprécier. •

Notes

1. tes Scientifiques ont perdu le Nord, Serge Galam, éd. Plon.

2. Les guillemets sont de l'auteur.

3. Souligné par nous.

4. Stéphane Foucart, le Monde du 8 avril 2008, cité par Serge Galam.

Source : Nexus N°62 – Mai, juin 2009

 

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