La souveraineté alimentaire est un droit fondamental. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 La souveraineté alimentaire est un droit fondamental.

13/4/2010

 

La souveraineté alimentaire est un droit fondamental.

Par Erika Vögeli

La faim ne devrait pas exister: cette évidence n’est pas nouvelle. Le «Rapport mondial sur l’alimentation» (cf. l’article ci-contre) la confirme malgré des constats alarmants. Au lieu de disparaître de notre planète comme un fait scandaleux, au plus tard après les révoltes d’il y a deux ans qui ont réveillé notre conscience, le nombre de personnes souffrant de la faim n’a pas diminué mais au contraire augmenté de manière dramatique. Cependant le Rapport indique des solutions à la crise: renforcement de l’approvisionnement alimentaire à l’échelle locale en tenant compte des conditions locales, en utilisant les ressources naturelles dans le respect de l’environnement et en donnant aux agriculteurs le libre accès aux semences.

Le point crucial de ce problème du libre accès aux semences consiste dans la réutilisation des variétés dans les cultures: Les agriculteurs doivent avoir la possibilité de cultiver leur propre nourriture, indépendamment des grands semenciers comme «Monsanto» ou «Syngenta». La souveraineté alimentaire est un droit fondamental et doit rester une liberté fondamentale.

Dans ce domaine, la Suisse aurait bien des choses à offrir. Diverses organisations comme «ProSpecieRara» (cf. p. 2) se consacrent à la protection des espèces surtout par rapport à cette liberté fondamentale. Or le fait que la Suisse n’ait rien trouvé de mieux que d’interdire par une ordonnance plus stricte sur les semences et les plantes la vente de différentes variétés n’est guère compréhensible. Cela a provoqué des réactions dans toute la Suisse, entre autres la campagne «Biodiversité pour tous» qui commence à donner des résultats. En appliquant à la lettre l’ordonnance prévue à l’origine, 150 espèces de légumes pourraient disparaître du marché dès l’année prochaine. Les pressions en ce sens semblent venir surtout de l’UE, c’est-à-dire du lobbying de grandes sociétés comme «Bayer», «Monsanto», «Pioneer» ou «Syngenta» qui ont intérêt à mettre leurs nouveaux produits sur le marché sans concurrence.

Ce sont justement ces produits qui ne correspondent souvent pas au droit fondamental au libre accès aux semences. Or les espèces génétiquement modifiées, souvent protégées par un brevet, n’ont pas de descendance viable. L’intérêt du public pour cette problématique et son engagement semblent faire de l’effet: le règlement va encore une fois être discuté et révisé.

Il serait souhaitable que les autorités suisses ne se laissent pas guider par les grands groupes qui exercent leur influence dans l’UE, d’autant plus que le débat ne semble pas clos non plus dans l’UE.

Il est inadmissible que nous restreignions la diversité des espèces sans y être obligés, d’autant plus que l’ONU indique la direction opposée dans son Rapport.

Source : http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1863 – 02.11.2009

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